Er-Murazor Posted November 1, 2015 Posted November 1, 2015 Salut à toi aventurier. Te voici enfin arrivé à l'auberge du Dernier Pont. Une fois ta monture amenée à l'écurie, tu as poussé les portes de ce célèbre lieu. Tout de suite, tu repères parmi les volutes de fumée, l'homme que tu recherches. Assis seul à une tablée au fond de la taverne, une dague posée sur la table, il semble t'attendre. Te frayant un chemin parmi les badauds, tu te rapproches, la main sur la paume de ton épée...tu sens la colère monter en toi. Que fais tu ? Quote
Er-Murazor Posted November 1, 2015 Author Posted November 1, 2015 Vous l'avez compris, ce topic sera destiné au monde du Jeu de Rôle , aka JdR. Certains connaissent , d'autres non. Je rassure, je tente pas de monter une branche dissidente au sein des AdR. Nous avions déjà ouvert un tel sujet sur l'ancien site où, essentiellement Boeush, avait publié les journaux d'une campagne Cthulhu 1920 narrant les aventures de 5 AdR initiés (ou presque) que sont Rémy, Totoche, Patacrep, Damien et donc Boeush. Moi j'étais le MJ (Maître du Jeu), celui qui a fait vivre des aventures à ces joyeux compères le temps de 6 soirées. D'ailleurs Boeush republiera les 4 journaux de la mini campagne "Le ressac de Bryn Celli Ddu"qui seront complétés de la suite "La quête d'IRA non ?" composés de 2 autres journaux. Donc l'idée de relancer ce topic vient de Sir Totosky avec qui nous avons un peu échangé sur le thème. Que Nyarlathotep lui en fasse grâce ! Quote
Er-Murazor Posted November 1, 2015 Author Posted November 1, 2015 Pour ma part, cela fait + de 25 ans que je fais du JdR J'ai essentiellement débuté en joueur sur des classiques : JRTM / Rolemaster (dans le monde de Tolkien) Star Wars Warhammer Paranoïa L'appel de Cthulhu Stormbringer/ Hawkmoon Ambre Cyberpunk ADD version multiples Savage World et d'autres que j'oublie certainement... Actuellement je joue à Pathfinder (un ADD moderne) sur la campagne l'Eveil des Seigneurs des Runes (qui existe en jeu de cartes aussi) Je suis aussi devenu MJ au fil du temps mais là je suis resté concentré : Rolemaster dans un monde que j'ai inventé "tolkienien" (un monde où Sauron avait retrouvé l'Anneau Unique, je vous laisse imaginer) L'appel de Cthulhu avec deux campagnes : La chose sur le seuil et surtout les Masques de Nyarlathotep. Savage World Patient 13 L'appel de Cthulhu au sein des AdR (voir ci dessus) en cette année 2015 Mais ça c'était avant.... Le futur sera une campagne Cthulhu plus longue (elle débutera en 2016 pour durer un an à deux ans) avec Rémy, Totoche, Patacrep et Boeush. Damien ayant perdu tellement de santé mentale (en vrai) qu'il a préféré se retirer du groupe , tout de même satisfait de son expérience. Quote
Er-Murazor Posted November 1, 2015 Author Posted November 1, 2015 Un échange avec Totosky : Je suis MJ comme joueur et j’apprécie les deux. Quand tu es joueur, tu peux juste poser les pieds sous la table mais tu peux t’investir autrement (créer un Background très riche, écrire les journaux de campagne, bien maîtriser les règles pour optimiser le jeu) mais c'est relativement cool et facile d’être joueur ! Après y a des profils type ”simplifiés” et c'est intéressant d’avoir une table équilibrée. Voir article suivant https://lartdelatable.wordpress.com/2013/07/12/connaissez-vos-joueurs/ Etre MJ , c'est un peu comme cuisiner pour des potes. Si tu veux qu’ils apprécient, tu essayes de mettre les petits plats dans les grands et t’évites le fast-food. Tu gères le service le mieux possible, le timing des plats, le décorum, tu tiens compte des goûts de chacun et tu prends plaisir à les voir se régaler. Mais toi aussi tu goûtes aux plats et tu les apprécies. Etre MJ c’est aussi être un peu PJ (via les PNJ)* * PJ = personnage joueur (incarné donc par le joueur) PNJ = personnage non joueur (incarné donc par le MJ) Quote
Er-Murazor Posted November 1, 2015 Author Posted November 1, 2015 Sinon voici le projet d’un pote (Mahyar Shakeri) qui publie depuis quelques années dans le monde du JdR. Il est très prolifique (et se lance aussi sur la création de jeux de plateaux. Il avait présenté son proto à Octogônes 2014) C'est technique, pour moi c'est pas l’ambiance fun d’une tablée (je suis vieille école) mais ça montre (un peu) ce que peut être une partie de JdR. se caler à 13minutes, avant c bof Quote
Er-Murazor Posted November 1, 2015 Author Posted November 1, 2015 Sinon y a ça pour se détendre et ça (attention c parti pour 146 pages ! ) http://www.lesludistes.fr/jeu/index.php?option=com_content&view=article&id=51:meneur-des-anneaux&catid=1:strips&Itemid=59&strip=liste Quote
jean-baptiste Posted November 1, 2015 Posted November 1, 2015 C'est quoi un jeu de rôle ? Ils sont où les cubes à pousser ? (je ferme la section tout de suite où on attend de voir s'il parle à quelqu'un d'autre que lui même ?) Quote
Rémy Posted November 1, 2015 Posted November 1, 2015 non, non, je trouve ça bien !! Perso, j'aime vraiment cette combo JdR/JdS. Ces univers ne s'opposent pas, ils se complètent. J'adore le JdS car je voyage d'univers en univers, je me délecte de pleins de chose différentes, je trouve des sensations terribles et j'apprécie le fait d'être en société. J'adore le JdR car on approfondi un univers pendant de longues soirées sur plusieurs semaines, on se vit-voit dans une histoire et, surtout, on est profondément soi. 2 Choses différentes mais qui me nourrissent car elles son compatibles. Merci Fred pour cette création de topic. Quote
Senik Posted November 1, 2015 Posted November 1, 2015 Et voilà JB qui joue les intégristes du cube en bois! Moi je dis, les gars, regardez bien la liste des gens qui jouent à cette partie d'Er-Murazor et vous avez toutes les chances de voir le nom du futur Président des AdR. Dommage pour Damien qui a craqué sous la pression. Quote
Totosky Posted November 1, 2015 Posted November 1, 2015 Merci Fred pour l'ouverture du sujet. Au final, au vu de nos échanges, je me rends compte que les rolistes aventuriers se retrouvent sur les mêmes classiques l'âge venant. C'est du à un effet de lassitude, qu'il n'y a que dans les vieux pots qu'on fait de bonnes histoires ou que les nouveaux univers/systèmes de jeux développés sont au final un peu creux? Quote
tarax Posted November 1, 2015 Posted November 1, 2015 je tiens a remercier fred pour les 148 pages de délires qui m ont beaucoup fait rire un condenser de tout ce que l on peut avoir en jdr . j adore les JDR :heart: je suis tomber dedans bien avant toutes les autres activités ludique 1 ere édition de D/D parut en France , le seul bémol c est la durée et le manque de joueurs pour des campagne . si jamais certains veule faire du JDR , je me joint a eux avec plaisirs :yahoo: Quote
Cowboy Georges Posted November 1, 2015 Posted November 1, 2015 Ah Farador, toujours un grand moment :D Faut supporter la mise en place un peu longue mais quand ça démarre, ça part fort ! Quote
Er-Murazor Posted November 1, 2015 Author Posted November 1, 2015 Pour ma part, je ne sais si je suis que sur des vieux pots. Je ne joue pas à mes vieux JdR, je joue quand même à des choses récentes ou à des "vieux JdR" souvent remasteriés (pathfinder reste la dernière version d'ADD et à Cthulhu je joue sur la V6 édition Sans détour) Mais j'ai aussi décroché par manque de temps. Dans la fin des années 80 / début des années 90 on faisait vite le tour du rayon JdR de chez Descartes. Désormais, il sort quand même encore pas mal de JdR (moins que de jeux de plateaux) et j'avoue ne pas suivre la cadence. On en parle parfois entre potes rôliste. Parfois l'un d'entre nous craque et achète une nouveauté. Mais j'avoue que quand tu as trouvé chaussure à ton pied (pour moi c'est l'univers de Lovecraft via Cthulhu) tu peux y rester des années. (vu le nombre de campagnes possibles !) De +, il ne faut pas négliger l'effet temporel d'une campagne qui parfois durent plusieurs années et "fidélisent" les acteurs sur un type de JdR en particulier. Quote
Er-Murazor Posted November 1, 2015 Author Posted November 1, 2015 Question de mon nouvel ami Totosky : Comment une aventure au final textuel, verbeuse peut être codifiée, voire très codifiée ? Primo : Là aussi y a système et système. J’ai joué à Ambre, zéro règle, que du verbal concrétisée ou non par le MJ. J’ai joué à du très (trop) technique où les règles sont vite des pavés et des combats interminables (qui restent primordiaux dans les JdR quoi qu’on en dise). Tu as aussi des systèmes ”génériques” à n’importe quel univers et simple (j’’adore Savage World) Secundo : Ca dépend aussi de la volonté du MJ de ”régler” son histoire ou de se donner plus de libertés. Dans une partie de Cthulhu (investigation) tu as très peu de règles et de jets de dés (en tout cas chez moi) /Pathfinder est un peu à l’opposé même si ils ont bcp simplifiées les règles. Bref là aussi tu vas varier selon les tablées. Tertio : la part des règles,la part du Roleplay. Justement c’est l’ambivalence ou l’équilibre entre les règle et ce que l’on appelle le Roleplay RP. A chaque MJ / joueurs de voir la part qu’ils y consacreront. Mais je m'arrête là déjà que JB a remarqué, avec humour, que je parlais tout seul. (on m'a demandé de faire vivre un topic, je le fais mec ;-) ) Quote
Totosky Posted November 2, 2015 Posted November 2, 2015 Merci de tes répones, Fred. Du coup, tes parties de Cthulhu ceux sont beaucoup de discussions (avec Totoche cela doit être long, trés long ...), de travail en amont pour créer ton histoire et zéro contrainte (en dehors de celles imposées par la "réalité" de l'univers)? Du coup, le boulot doit être plus "simple" que pour un Pathfinder où c'est le MJ qui vérifie toutes les petites règles, si j'ai bien compris? Je suis surpris qu'au final chez les aventuriers on reste dans du classique, pas de cyberpunk, pas de manga, peu de sf, une seule IA qui joue huit rôles à lui tout seul (the Dodo's world). Et n'écoutez pas JB, visiblement il préfère que le forum devienne une annexe du bon coin. Quote
totoche69 Posted November 2, 2015 Posted November 2, 2015 Et n’écoutez pas JB, visiblement il préfère que le forum devienne une annexe du bon coin. Quote Celle là elle est magnifique mais elle pique un peu :-) Pour le jeu de rôle je vais essayer de faire un petit retour sur les impressions d'un débutant. Quote
Kaon Posted November 2, 2015 Posted November 2, 2015 Voilà très longtemps que je n'ai plus fait de JdR, virtuel, et encore plus longtemps pour le côté papier + potes :) ... ça titille la fibre nostalgique, mais ça se confronte à bien des contraintes ;) Quote
Boeush Posted November 2, 2015 Posted November 2, 2015 Allez je vous remets le compte-rendu du 1er épisode de la campagne “le ressac de Bryn Celli ddu” que nous avons eu l’honneur de jouer il y a déjà quelques temps…sous l’égide du MJ Er-Murazor. Dans les rôles principaux: – Wayne Davis ( Totoche) – William Gillies (Damien) – Kathleen Jones (Rémy) – Adrian Mc Cluskey (Patacrep) – Jonathan Haggins (Boeush / moi-même / narrateur à mi-temps) Le vent souffle sur les docks de Liverpool. Le capitaine Tyler Sappletown, bougon et taciturne comme il se doit, nous demande d’embarquer sur son petit rafiot car la marée n’attend pas. Les quatre passagers que nous sommes montent rapidement à bord. Le bateau s’écarte du quai, et……. arrive en courant un petit binoclard qui, malgré son allure frêle, court comme un dératé en hurlant « attendez-moi ! attendez-moi ! ». Dans un double geste désespéré, et alors que le bateau est déjà à deux mètres du quai, il jette sa valise de toile sur le pont, et saute pour attraper le bastingage. Il réussit à se hisser à bord sans encombre. On ne peut pas en dire autant pour sa valise qui a mal vécu son embarquement : elle a tout bonnement éclaté et répandu son contenu sur le pont. Sans s’attarder sur les caleçons en flanelle et les livres sans intérêt qui parsèment le plancher, nous rassemblons de bon gré ses effets et l’aidons à refermer son bagage. Nous quittons Liverpool à destination de Dublin, que le bateau devrait atteindre dès ce soir. Certains s’arrêteront à mi-distance sur l’île d’Anglesey, située sur la pointe nord du Pays de Galles. Je suis de ceux-là. Jonathan Haggins, pour vous servir. On m’envoie pour un obscur travail de recouvrement de dettes. Je dois récupérer, pour le compte de la banque Barclay qui m’emploie, quelques livres sterling auprès d’un petit patron de pêche du nom de Ben Oliver. Ce n’est pas que j’aie quoi que ce soit contre lui, mais rien ne m’excède davantage que ceux qui ne paient pas ce qu’ils doivent. Je crois que c’est pour ça que la Barclay est satisfaite de mes services. Quand on me confie une mission comme celle-là, on sait en général que je reviens avec ce que j’étais venu chercher. L’aréopage qui m’accompagne n’a rien de bien excitant : mis à part l’énergumène arrivé en retard, répondant au ridicule patronyme de William Gillies, et à qui je donne tout de même un petit coup de main pour réparer le fermoir de sa valise, je remarque tout d’abord un jolie pépée d’à peu près 25 ans, mignonne comme tout mais semble-t-il plutôt versée elle aussi dans les livres. En tout cas pas le pied marin, la cocotte, vu l’aspect livide de son visage quand le bateau commence à affronter la pleine mer. Nous nous regardons d’un air entendu avec les autres passagers. Enfin, avec celui qui reste parce que le troisième n’a pas attendu cinq minutes avant de filer se cacher dans sa cabine, sans même échanger deux ou trois mots de civilité. Quel malotru.La poulette et le petit prof se terrent, eux, dans la cabine. Je les vois parfois passer par le pont central pour offrir, par-dessus le bastingage, les restes de leur repas de midi aux poissons. Une histoire de sandwich mal digéré me fait sourire, mais du vomi… même sur de jolies lèvres, reste un spectacle peu ragoûtant. Celui qui reste, donc, semble tout sauf un intellectuel. Le genre de type qui ne cache pas vraiment ses muscles sous un chandail à grosses côtes, le couteau de combat à portée de main sans jamais rater une occasion de vous le montrer ostensiblement. Il me dit s’appeler Wayne Davis je crois. Ca sent le militaire encore en activité ou non, et quelque chose me dit qu’il vaut mieux être de son côté à celui-là. Il allume méthodiquement clope sur clope en jetant à chaque fois violemment la précédente au sol. Peu après la sortie du port, il sort rapidement sur le pont où les grains se succèdent, sur une mer qui se creuse de plus en plus. S’il veut être trempé, c’est son affaire, mais qu’on ne compte pas sur moi pour ça. C’est ça, les hommes d’action, toujours prêts à affronter les éléments coûte que coûte. La barbe, quoi. Je l’entends échanger quelques paroles avec le capitaine, mais je ne distingue pas vraiment ce qu’ils se disent. Je crois tout de même discerner « tempête » dans les rares mots prononcés par ce dernier. Bien ma veine, ça. Moi qui ne prends pratiquement jamais le bateau, il va falloir se coltiner du gros temps. En effet, plus ça avance et plus ça balance. Le passager mystérieux –un Irlandais je crois, Adrian McCluskey ou quelque chose comme ça- sort de sa cabine et rejoint le va-t-en guerre à l’extérieur. Les heures passent et je me rends compte que le mot « tempête » était bien le bon. Jamais vu ça. J’ai même du mal à me maintenir assis sur le banc cloué au sol de la cabine. Je range ma montre-boussole. Manquerait plus que je la casse. Le capitaine hurle des ordres aux deux téméraires, et je vois McCluskey se placer à l’avant du bateau, dans l’attitude du type qui tente d’apercevoir sa femme dans une soirée où 300 invités fumeraient tous le cigare cubain. Ah ! Oui, parce que si la tempête a bien grossi, on doit aussi faire face à une visibilité de plus en plus réduite. Je crois comprendre qu’on fait des manœuvres d’approches, le phare de Bryn Celli Ddu serait en vue. Si l’expression n’était pas un peu abusive, un jour comme aujourd’hui. En fait, je crois qu’on va aborder un ilôt rocheux parce que le temps ne permet pas de rejoindre sans risque notre destination de départ.L’arrivée dans la crique est quelque peu apocalyptique. Comme dans un rêve, je crois entendre Davis hurler quelque chose à propos de ce qu’il a vu passer sous l’eau, il me semble entendre des bruits de choc, comme si le bateau heurtait des morceaux de quelque chose. Mc Cluskey hurle quelque chose sur quelqu’un qu’il aurait vu plonger depuis un rocher quasi immergé. Je crois qu’il abuse de la bouteille, celui-là : ce n’est pas vraiment le temps pour se transformer en baigneur. Nous arrivons à nous amarrer au ponton, dans les cahots et les embardées. Et là, nous voyos un petit chalutier qui a déjà accosté, apparemment peu avant nous, de l’autre côté du ponton sur lequel, deux hommes sont présents. Le premier est à genoux, penché sur le deuxième qui semble bien mal en point. Les vieux réflexes reviennent vite, et je me rends rapidement à ses côtés, pour constater qu’il est vraiment mal en point. Il saigne abondamment de la tête, et ses mains sont entaillées en de multiples points. Comme le temps est très peu hospitalier, nous nous dépêchons de transporter le blessé jusqu’au phare qui se dresse au-dessus de la crique. C’est dans le bâtiment qui le jouxte que nous finissons par arriver, épuisés, haletants, trempés jusqu’aux os. Nous repérons une table remplie d’outils, qui vont vite rejoindre le sol pour laisser la place à « notre » blessé. Le gardien du phare, Georges Farlan, nous accueille avec méfiance mais semble reconnaître le blessé et le quidam qui m’aide à le transporter. Il nous dit de le monter à l’étage pour pouvoir le soigner plus convenablement. J’acquiesce et nous montons le corps, pour le poser sur une couchette. Je commence à nettoyer la plaie –plutôt vilaine-, j’arrive à stopper l’hémorragie et pose un bandage très serré pour comprimer le saignement. Une piqûre de morphine (la trousse à pharmacie du phare semble bien garnie) lui permet de passer ce mauvais cap. Avant que qu’il ne sombre dans le sommeil, et comme la situation du type me paraît assez étrange, je lui fais les poches (dont j’extrais un portefeuille qui contient quelques billets, une pièce d’identité…. et une carte parcheminée et détrempée, pour le moins étrange), et je recueille quelques paroles confuses et peu rassurantes. Le type s’appelle Stoner, « docteur » Stoner selon son compagnon. Et il délire, c’est sûr. Son violent coup reçu ne l’a pas arrangé, mais quelque chose d’autre semble l’angoisser au-delà du raisonnable. Je n’ai pas l’impression que son compagnon rencontré sur le ponton était pour lui un sauveteur dévoué.;D’ailleurs, ce dernier se mure dans un une attitude taciturne et désagréable. Nous décidons de l’interroger pour savoir ce qui s’est passé. Il n’a pas l’air de vouloir nous aider à comprendre, avec une défiance et un mépris qui ne nous plaît qu’à moitié. </span></p> On lui fait remarquer les étranges marques de griffure sur les mains de Stoner, déchiquetées, ce qui rend sa version des faits peu crédibles. Cela ne peut pas être une simple chute, mais quoi alors ? Mieux, je vois Davies commencer à se prendre pour un enquêteur –musclé- de Scotland Yard, et il se met en devoir de cuisiner Irwin Winfall. Cela dégénère vite en bagarre, le pêcheur se retrouve finalement projeté à terre par les deux costauds. Mc Cluskey récupère sur Winfall un pistolet de marine à baïonnette. Vraiment pas clair, ce type. Nous décidons de le ligoter sur sa chaise, mains dans le dos, et le fouillons au corps. Nous tombons, à notre grande surprise, sur une sorte de cagoule en cuir dont l’odeur évoque la morue pourrie au mieux, ou la poubelle qui a traîné deux semaines devant un mauvais restaurant de pêcheurs du port au moins. Nous tentons de savoir quel est cet objet mais l’autre ne veut rien dire. Davis et Mc Cluskey musclent un peu plus leur interrogatoire, mais rien à faire. Ce type est à la fois antipathique et a des choses à cacher. Lesquelles ? Stoner saurait sans doute nous éclairer un peu plus, mais il dort. Nous entreprenons de fouiller méthodiquement les lieux. Rien de bien original, un phare, quoi, et son gardien. Des réserves de nourriture, de bois, du matériel de réparation, une cuisine, des lits sans confort. En descendant au rez-de-chaussée, nous tombons sur une porte fermée à clé. Davis, avec la délicatesse qui le caractérise, entreprend d’ouvrir la porte. Avec une masse, dont quelques coups assénés avec la vigueur qu’on lui connaît désormais, finissent par avoir raison du vieux bois. Peut-être qu’une clé existait ? Davis n’en a cure, il avance. Heureusement que nous nous sommes munis de lampes-tempête, car l’escalier qui descend est plutôt sombre. Il débouche dans une salle rectangulaire, comme une crypte. A l’opposé de nous, une dalle gigantesque ferme les lieux. Lisse, énorme, monolithique. Au milieu a été gravé un symbole : c’est un Triskel, 3 jambes réunies en rond qui, selon le professeur Gillies, est le symbole de l’île de Man. Quoique ce triskel-là a la particularité de présenter des jambes nues. Serait-ce l’entrée d’un club de french-cancan ? Toujours selon Gillies, cette particularité serait plutôt le signe d’une grande ancienneté de cette gravure. En tous cas, si c’est une porte, seul un géant peut l’ouvrir. Nous rebroussons chemin en concluant à l’inhospitalité du lieu Nous finissons par remonter à l’étage, et par nous restaurer, le corps tourné vers le poêle à bois qui crépite contre le mur. Je reste l’oreille tendue vers la chambre où repose « mon » blessé. Comme je l’entends bouger, je me rends vers sa couchette. Il délire totalement, me parle d’un masque, d’une confrérie, de créatures… il semble ressentir une peur panique pour ce groupe qui, sans nul doute, est à l’origine de son état peu reluisant. Une secte ? Des adorateurs illuminés qui sacrifient les gens ? ;En plein bouillon, le pauvre gars. Comme je pose ma main sur son front, je me méfie aussi de la température qu’il dégage, et me dis que s’il passe la nuit vivant, les catholiques irlandais pourront aller brûler un cierge dans la chapelle de cette foutue île. S’il y en a une ici, ce dont je ne doute pas. C’est culs-bénis et compagnie, chez ces ploucs de pêcheurs. Il articule encore quelques paroles incompréhensibles : « le masque, il ne faut pas qu’il tombe entre leurs mains », et repart dans les limbes. Pendant ce temps, Mc Cluskey et Davis, accompagnés du capitaine, partent enquêter sur le chalutier. Ils entrevoient sur le chemin une étrange silhouette. A bord du chalutier, ils obtiennent la preuve irréfutable que Winfall et Stoner n’étaient pas seuls sur le bateau. Mais où sont les autres, et combien sont-ils ? Ils découvrent également les débris d’une petite embarcation. Et soudainement le scénario se dessine plus précisément. Stoner s’est déchiqueté les mains sur les rochers, en se fracassant dessus avec sa chaloupe de fortune tandis qu’il essayait sans doute de fuir le chalutier de Winfall. Mc Cluskey et Davis rentrent prestement au phare et entreprennent de barricader les entrées, en utilisant notamment l’établi. Je regarde à nouveau les mains du mourant, et malgré les bandages, je me dis que tout ça n’est vraiment pas clair. Avec mes compagnons, nous revenons à la charge pour interroger Winfall. Il continue à nous prendre pour des péquenots. Davis commence à vouloir pratiquer la manière forte, mais c’est le binoclard qui s’y colle finalement. J’ai l’impression qu’il parle en vieux gallois, ce qui lui permet d’aller un peu plus loin avec l’autochtone antipathique. C’est maintenant Miss Kathleen Jones qui prend le relais, mais je doute que ses charmes –pourtant fort attrayants, une fois retiré l’épais manteau qui la recouvrait- n’aient un quelconque effet sur la volonté de sociabilité du pauvre type. Il commence d’ailleurs à s’allumer et finit par menacer la donzelle, en lui promettant des relations sexuelles que seule une perverse apprécierait, et pour nous tous un bon repas, dont nous serions le plat principal à la table des poissons. Complètement dingue, le gars. Sur ces bonnes paroles pleines de charité chrétienne, et avant qu’aucun de nous n’ait pu esquisser le moindre geste, il se lève d’un bond, fait littéralement exploser la chaise où ses mains étaient entravées, et se jette à travers la fenêtre. Je donnerais cher pour voir l’état du type, qui a dû se farcir quelques rochers un étage plus bas. D’ailleurs nous nous jetons à la fenêtre pour voir le spectacle. Le type s’est remis debout et commence à nous échapper. Damned ! Et puis McCluskey sort le pistolet et fait feu de deux coups. Raté. L’autre est parti dans la nuit, au milieu d’une tempête à ne pas mettre un poisson dehors. Il hurle en appelant ses amis, ne laissant plus aucun doute sur la menace qui rode autour de nous. Nous nous retrouvons seuls autour de la table, et nous rasseyons dans un soupir. J’en profite pour sortir la carte subtilisée dans la poche de Stoner. Kathleen, visiblement choquée par les promesses inquiétantes du désormais fuyard, semble, à la vue du document, retrouver ses esprits et le lit comme si c’était un objet d’études universitaires. Elle reconnaît l’ensemble des lieux écrits, car c’est une sorte de plan, où les lieux, anglais, gallois et irlandais sont reliés par des traits. Ce sont tous des sites remarquables où ont été découvertes des pierres levées datant de bien longtemps. L’ensemble forme une étoile à 5 branches, au centre de laquelle est fléché un point qui semble correspondre à l’île de Man. Je crois que nous en reparlerons dans l’avenir. Quand on regarde dehors, on s’aperçoit que l’eau monte doucement mais sûrement, comme si l’océan nous amenait, en plus de la tempête, une grande marée. On avait bien besoin de ça. Après toutes ces émotions, nous décidons de nous reposer un peu, tout en faisant des quarts afin de sécuriser notre –courte- nuit de sommeil. Au troisième quart, vers 5h du matin, un cri retentit. C’est Mc Cluskey, de garde en bas, qui avait entendu des pas dans l’escalier. Il s’était approché lentement, appelant plusieurs fois Farlan qui était censé s’occuper de l’étage. Après de nouveaux bruits de pas, Mc Cluskey a finalement hurlé le nom de Farlan, réveillant tout le phare. Ce dernier, lui, est mort. Ca doit être pour ça qu’il n’a pas donné l’alarme…Mc Cluskey nous rejoint à l’étage lorsque Davis est bousculé par un individu et tombe lourdement. L’individu se jette dans les escaliers, précédé par un acolyte que nous n’avions pas vu. Mc Cluskey sort son arme, et tire deux coups… je crois qu’il rate à nouveau sa cible. Kathleen, elle, veille sur le balcon, et aperçoit dehors un homme qui pénètre dans la maison. Elle le reconnaît, c’est Winfall. Tandis que la donzelle fait admirer la force de ses poumons par des cris à faire chavirer un bateau, nous nous lançons, Davis et moi, à la poursuite de l’importun dans les escaliers, en bas desquels Davies arrive à avoir la peau du deuxième avec son couteau. Davies s’élance alors que Mc Cluskey me rejoint. En bas nous faisons face au troisième type entré par la porte: Winfall. Adrian tire deux coups…. Et rate une nouvelle fois. Il faudra que je me rappelle de ne pas lui faire confiance, à celui-là. Pas le temps de réfléchir, je me jette sur Winfall avec un couteau, et le rate à mon tour. J’arrive tout de même à lui aligner une droite, et McCluskey parachève le travail par un coup de baïonnette bien senti. Pendant ce temps, Davies court après le fuyard, qui emprunte une porte puis l’escalier bien sombre –exploré précédemment- qui mène sous le niveau de l’habitation. Face au danger, Mc Cluskey donne le pistolet baïonnette à Davis, et sort une autre arme, un colt qu’il nous avait caché depuis le début ! Celui-là a des ressources insoupçonnées, mais j’espère qu’il sait mieux se servir de son propre pistolet que de celui de Winfall… Mais à ce niveau-là de prudence, j’ai l’impression de marcher sur une pellicule de glace de 3mm. D’ailleurs, comme pour imager le propos, le sol commence à être recouvert d’eau absolument partout. Là, ce n’est plus une grande marée, c’est un truc du genre prévu dans leur foutue bible. On ne va pas tarder à voir se pointer Noé et ses couples d’écureuils et de blaireaux. Nous finissons par atteindre le bas, quand retentissent des coups sourds et violents. Manifestement, quelqu’un tape avec insistance et avec une masse sur la dalle de pierre sus-décrite. Soudain,une sorte de hurlement de mille voix ainsi qu’une puissante onde de choc faisant trembler tout le phare se font ressentir. Et au vu du bruit d’explosion qui ponctue ses coups, je crois que le cogneur est parvenu à ses fins. Et à la sienne aussi, d’ailleurs, quand on voit le résultat de ses efforts. On pourrait dire que si le gars ne s’est pas dispersé dans ses efforts, son corps, lui, si. Il a eu l’idée de visiter tous les recoins de la grotte, et en même temps. Derrière la boucherie, et une fois passés les débris de ce que fut la dalle de pierre, semble partir un couloir. Davis, notre homme d’action n’a pas froid aux yeux, et il décide d’y aller. Nous l’encourageons avec l’Irlandais, et le soutenons à distance raisonnable, c’est-à-dire en rebroussant chemin. Après quelques embranchements, le couloir s’élargit jusqu’à une sorte de plage sous-marine. Au bord de l’eau, Davis voit une parfaite pierre rectangulaire en forme d’autel, au centre de laquelle trône un masque d’albâtre, étrangement blanc et brillant. Dans l’eau, en revanche, à environ 20 pas, mais se rapprochant lentement de lui, comment dire… Une créature indéfinissable, de la taille d’un homme mais singulièrement plus proche du poisson que du mammifère. Pas du genre à boire un whisky avec, attablé dans un pub de Manchester. Davis n’écoute que son courage, vise avec le pistolet de Mc Cluskey dans la direction du monstre, et le touche à l’épaule. La créature prend néanmoins dans sa « main » une arme du genre harpon et la projette violemment sur Davis. Heureusement, la blessure a réduit sa force et le harpon vient se ficher dans le sable. Entendant de loin que ça barde, nous lui crions de s’enfuir, et Davis nous écoute, non sans avoir au préalable subtilisé le masque nacré. Nous remontons quatre à quatre les marches, tandis que des flots d’eau écumante dévalent dans les escaliers. L’eau arrive désormais au niveau du genou, et nous nous dépêchons de gravir l’escalier qui mène au 1<sup>er</sup> étage. Arrivés en haut, nous empruntons dans la précipitation la porte qui mène au phare, où nous rejoignons les deux scribouillards qui nous avaient précédés courageusement… de quelques minutes. Sappletown est là aussi et a tenu à amener Stoner au sec. Nous verrouillons la lourde porte, et attendons que le soleil se lève. S’il le veut bien. En croisant le regard de notre petit prof, j’ai l’impression qu’il est sous le choc d’une vision terrible. Il se contente de bredouiller « la bête, la bête… » comme un parfait abruti d’Irlandais qu’il est. Le temps s’éclaircit, la tempête semble être passée.</span></p> Stoner ne verra pas l’aube venir.</span></p> Dehors, un spectacle pas courant nous attend. L’île est dévastée, et ressemble à un cimetière à poissons. C’est comme si une immense vague avait submergé la petite île et n’avait rien laissé de vivant derrière elle. Nous revient une conversation avec Farlan dans cette journée mémorable. Il nous a confié qu’il avait vu des « créatures » croisant autour de son île de temps à autre. Selon lui, elles restent à distance et semblent être dans l’impossibilité d’y pénétrer, comme si quelque chose les en empêchait. Lui, en tous cas, ne veut pas en savoir plus. Je crois que pour nous, ce serait maintenant plutôt l’inverse. Si dès qu’on met le pied dans ce fichu pays, c’est ce genre de journées qui nous attend, ça va être coton de retrouver mon débiteur.</span> Quote Quote
Boeush Posted November 2, 2015 Posted November 2, 2015 P.... de b.... j'ai copié-collé mon texte, et il est venu s'infester d'une pollution innommable faite j'imagine de balises HTML ou je ne sais quoi. Il a fallu le "dépolluer" à la main, ligne par ligne, de tous les caractères qui l'infestaient !!!! Quote
Totosky Posted November 2, 2015 Posted November 2, 2015 @Boeush, c'est parce que tu as fait un 1 à ton lancer de dés "copier-coller". Normal, vu ta stat en compétences manuelles... Quote
Boeush Posted November 2, 2015 Posted November 2, 2015 Est-ce qu'un vrai mec compétent serait capable de me dire comment copier-coller sans encombre la prochaine fois ? https://lesaventuriersdurhone.org/wp-content/plugins/wp-monalisa/icons/wpml_rose.gif Quote
Boeush Posted November 2, 2015 Posted November 2, 2015 Est-ce qu’un vrai mec compétent serait capable de me dire comment copier-coller sans encombre la prochaine fois ? :rose: Quote
Totosky Posted November 2, 2015 Posted November 2, 2015 @Boeush: déjà tu te calmes. Ensuite si tu veux copier tu passes en mode texte et tu cliques copier en texte brut Quote
Boeush Posted November 2, 2015 Posted November 2, 2015 Arglllll et je croyais avoir modifié le texte original, en fait je n'ai que rajouté un post.... et même deux. Ce topic est en train de devenir une poubelle.... mais je reste calme :bye: Quote
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